Bienvenue

Chers amis du monde entier,
Bienvenue sur mon Bloc Nat, un espace de découverte et de partage.
J'ai conçu ce blog comme un mille feuille de mes passions, à la fois musée et bibliothèque virtuels et vivants, que j'ai eu le plaisir de partager avec le public japonais lors de mes interventions à l'Institut Français du Japon à Tokyo pendant 5 ans.
Mon objectif ? Vous communiquer le désir et le plaisir d'apprendre et d'échanger ...au-delà des frontières.

Dear all,
Welcome on my Bloc Nat, a special space for shared discoveries.
I created this blog as a "mille feuille" of my passions, both virtual museum and library during my work at French Institute In Japan, Tokyo, during 5 years. My goal is to inform you of desire and love of learning... beyond borders. Enjoy with me !

Avril 2019 : changement de cap !
Je mets dorénavant toute mon énergie bénévole au service de l'Association Du Mont Brouilly au mont Fuji. Retrouvez mes conseils de lecture sur le site internet de l'association : www.brouilly-fuji.com

April 2019 : I change !
I now put all my volunteer energy into the association Du mont Brouilly au mont Fuji.
Find my reading tips on the website of the association : www.brouilly-fuji.com

See you !

dimanche 10 juin 2018

Un Personnage de roman de Philippe Besson






Connaître, découvrir, comprendre… c’est toujours passionnant ! Et ça l’est encore plus quand il s’agit de mieux connaître le profil de nos dirigeants, de nos dirigeantes, de nos chefs d’état. Qui nous gouverne ? Pourquoi lui ? Qui est-il vraiment ? Ces questions, les Français les ont posées et se les posent encore au sujet de leur président : Emmanuel Macron. Philippe Besson en a fait un roman.
Pendant un an il a suivi le couple Macron et essayé de comprendre leur fonctionnement, leur complicité mais surtout le projet et le profil d’Emmanuel. Un homme, un sigle EM, un nouveau parti politique, une ambition, un succès… Emmanuel Macron, c’est tout ça à la fois, avec une bonne dose de philosophie en plus. Pas à pas, Philippe Besson, écrivain et journaliste, nous dévoile la stratégie et les réflexions de cet homme hors norme qui a réussi à accéder à la présidence de la République Française en un peu plus d’un an. Tout d’abord, l’auteur avoue ses doutes : « Je me répète que sa solitude le condamne. Je n’ai pas compris qu’il tient à en faire un atout. Qu’elle sera même son viatique, cette insolente solitude. Une provision pour le voyage. » Puis, l’écrivain explique, décortique le phénomène : «  On voit ce qui peut intriguer : l’amour du lycéen pour son professeur, de l’adolescent pour une femme de 24 ans son aînée, cette incongruité, la folle promesse faite dans l’âge le plus ardent, et tenue. Et, à la fin, cette famille qui ne ressemble à aucune autre. » Enfin, l’auteur se laisse séduire par ce phénomène politique … par cet homme aux allures de héros balzacien ou hugolien… par ce personnage de roman. «  Tu sais ce que tu vas écrire ? » demande Emmanuel. L’auteur répond : « Un roman d’aventures… Au moins le roman d’une aventure. »

mercredi 23 mai 2018

La Chambre des époux d' Eric Reinhardt




CANCER, le mot sonne comme une fin et c’est pourtant le premier mot du roman La Chambre des époux. « Quoi de plus banal qu’un cancer du sein ? » Eric Reinhardt répétant cette phrase souvent entendue, explique en fait l’effondrement de sa vie et de son couple à l’annonce de l’odieuse maladie.
Mais l’écrivain, l’homme, le mari ne veut pas croire à la fatalité et veut se battre pour sa femme, pour toutes les femmes, pour la vie…
Alors, il écrit. Il écrit pour faire plaisir à sa femme qui lui demande de travailler et de se battre en même temps qu’elle… Lui pour finir un roman, elle pour rester en vie et vaincre la maladie. Il écrit pour rendre hommage à la beauté et à la force de toutes les femmes malades.
C’est donc une histoire de couple, une histoire d’amour qui mélange réalité et fiction et parle de l’amour mais aussi de l’adultère, du rêve et de l’inspiration.
Ce roman est un roman étrange, un roman qui dérange, à la fois tendre et cruel, à la fois stylé et très cru.
Le lecteur est happé dans un tourbillon qui l’emporte dans les entrailles de la maladie, de l’amour, de la mort et de l’écriture.
En effet, qui est l’héroïne : Margot ? Mathilde ? Marie ?
Cette mise en abyme littéraire est une belle réflexion sur la vie.

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Son cancer lui a été annoncé, à la suite d’une mammographie en décembre 2006. Comme cette tumeur n’avait pas été détectée six mois plus tôt par le même examen, les médecins ont émis l’hypothèse d’un cancer à évolution rapide. Le délai nécessaire à l’analyse de la ponction a été ce que j’ai vécu de plus douloureux de toute mon existence.

Pendant ces quelques jours, pour échapper à l’angoisse de l’attente, j’allais me réfugier dans mon bureau, où j’écrivais les pages de Cendrillon consacrées à Margot. Le hasard avait voulu que j’en sois là de mon roman quand elle m’avait téléphoné pour m’annoncer qu’elle était malade. Ces mots d’amour qui sortaient du clavier comme des larmes… Ces pages de Cendrillon sont pour moi comme le sortilège qu’éperdu j’ai lancé avec rage au visage du cancer.


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A mes yeux, Marie était la seule personne autour de la table à être en vie. Les autres ne l’étaient pas, les autres étaient tous morts, et ils étaient tous morts de n’avoir pas frôlé la mort, et de n’être pas revenus à la vie, et de n’avoir jamais compris de l’intérieur ce que cela signifiait d’être en vie. Etre revenue à la vie avait fait que Marie était vraiment en vie, vraiment vivante. Non pas seulement en vie mais vivante, c’est-à-dire en vie dans la vie, et pas morte dans sa vie, et pas assoupie dans sa vie, comme le sont en réalité la plupart des gens et ce soir-là, lors de ce dîner, c’était flagrant.

Bonne lecture !

mercredi 11 avril 2018

La mémoire n'en fait qu'à sa tête


Journaliste, animateur à la télévision, bon vivant, écrivain … Les qualificatifs ne manquent pas pour parler de Bernard Pivot qui préside l’Académie Goncourt depuis 2014.
Cet homme aux multiples facettes nous prouve une fois encore son amour de la langue française dans son dernier ouvrage La Mémoire n’en fait qu’à sa tête. Dans ce livre, l’auteur rit de son âge et de sa mémoire parfois défaillante, mais pas tant que ça,  pour évoquer des scènes de son passé, des rencontres qui ont marqué sa vie dans le monde des médias notamment. On découvre tour à tour sa naissance à Lyon et son amour du football, son ascension dans l’univers de la télévision grâce au déjeuner du dimanche si traditionnel en France, son amour des livres et sa haine des gens prétentieux. Mais c’est surtout sa passion pour la langue française qu’il nous fait partager. Pour lui, les mots sont la vie et l’orthographe de la poésie. Il commente ainsi avec humour les 2 L du nom libellule ou les 2 R du mot arrogance ( un R pour mépris, un R pour connerie ! )… nous explique pourquoi l’accent circonflexe est essentiel à la langue française … et nous suggère même d’en mettre un au mot amour car celui-ci est fait de hauts et de bas !

mardi 14 novembre 2017

PERLE de Yujin Koyama



Quand j’ai ouvert ce livre, je ne savais pas du tout ce qui m’attendait. Il faut dire qu’il est très rare que je rencontre un auteur avant d’avoir lu une seule de ses lignes.
Je suis donc entrée dans ce récit sans a priori, sans connaissance, mais avec une curiosité sans limite. LA PERLE, ce titre à la fois beau et mystérieux sonne comme un appel au lecteur, un appel du large. Qu’est-ce qui attend le lecteur que nous sommes ? Un secret ? Un trésor ? Une intimité cachée ? Un souffle sacré ? Une aventure humaine ? Peut-être un peu de tout cela …
Une chose est sûre, c’est que les indications médicales et raisonnées des premières pages laissent vite place à un univers onirique et fantastique dans lequel le lecteur se laisse embarqué, sans jamais savoir réellement où il est, qui est qui, et ce que représente LA PERLE. Ne serions-nous pas nous-mêmes cette perle scintillante et ardente ? La perle, comme un souffle de vie et d’envie qui nous pousse vers nos plus intimes passions et nos plus belles créations.

« Je me souviens que je considérais cette perle comme le trésor que je voulais protéger à tout prix, et que je craignais plus que tout que, dans cette confusion indescriptible, quelqu’un ne me la dérobât. »

Je crois que le passage que je préfère est le suivant, peut-être parce qu’il me rappelle la saveur de Tokyo et que la traduction est de qualité ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

«  Alors que je rentrais chez moi d’un pas léger, je m’éloignai du tumulte de Tokyo en m’enfonçant dans un parc. J’étais entouré de rangées de cerisiers et j’entendais le bruit sourd de mes pas sur l’herbe. Les arbres étaient en pleine floraison, formant de gros paquets de fleurs brillantes dont il me semblait entendre le murmure aux sonorités métalliques, bruissant dans le vent. Mais, il me sembla aussi voir un visage sur la gazon du par cet je sentis un vent froid dans le dos. Alors que j’étais en train de me dire qu’il s’agissait peut-être des signes d’une fièvre du soir, peu après, les tendres fleurs de cerisiers se mirent à voler. Je ressentis autour de moi une pression qui troubla ma vision, me faisant voir une fine peau plissée qui se détachait. Comme si j’enlevais le masque que j’utilisais jusque-là pour m’isoler du monde. J’écarquillai les yeux. Peu de temps avant, l’air qui frôlait mes joues m’avait semblé différent. »