Bienvenue

Chers amis du monde entier,
Bienvenue sur mon Bloc Nat, un espace de découverte et de partage.
J'ai conçu ce blog comme un mille feuille de mes passions, à la fois musée et bibliothèque virtuels et vivants, que j'ai eu le plaisir de partager avec le public japonais lors de mes interventions à l'Institut Français du Japon à Tokyo pendant 5 ans.
Mon objectif ? Vous communiquer le désir et le plaisir d'apprendre et d'échanger ...au-delà des frontières.

Dear all,
Welcome on my Bloc Nat, a special space for shared discoveries.
I created this blog as a "mille feuille" of my passions, both virtual museum and library during my work at French Institute In Japan, Tokyo, during 5 years. My goal is to inform you of desire and love of learning... beyond borders. Enjoy with me !

Avril 2019 : changement de cap !
Je mets dorénavant toute mon énergie bénévole au service de l'Association Du Mont Brouilly au mont Fuji. Retrouvez mes conseils de lecture sur le site internet de l'association : www.brouilly-fuji.com

April 2019 : I change !
I now put all my volunteer energy into the association Du mont Brouilly au mont Fuji.
Find my reading tips on the website of the association : www.brouilly-fuji.com

See you !

jeudi 7 février 2019

Une guerre de pépère d'Olivier Charrin

Aujourd'hui, c'est une belle journée d'excitation et de joie mêlée. Je vais présenter le livre de mon collègue Olivier Charrin aux membres de l'Institut Français de Tokyo.

Tout d'abord, prenons soin de protéger l'ouvrage dans un joli FUROSHIKI. Ce serait dommage de l'abîmer après l'avoir rapporté de France. Il est d'autant plus précieux qu'il est spécialement dédicacé par l'auteur, à ma demande, pour le public japonais. Ceux qui me connaissent bien comprendront pourquoi j'ai choisi un tissu à l'emblème du FUJI. 



Mais le voyage de ce bel album n'est pas fini. Il faut maintenant rejoindre l'Institut Français dans le quartier de KAGURAZAKA.



Ici aussi il est question de train ! 
Mais à Tokyo, pas de sueur, pas de moiteur en ce mois d'hiver ... juste un peu de torpeur pour ceux qui s'alanguissent sur les sièges chauffants ... et mille doigts qui tapotent sur les claviers obstinément.




Nous, on s'en fiche, on lit Une Guerre de pépère ! Et malgré le thème sévère de la guerre, Olivier nous fera rire, j'espère ! Avec son style original, ses merveilleuses et historiques trouvailles et sa passion d'enseignant, légendaire, ...ça devrait le faire !




Un peu stressée tout de même par cette présentation particulière. Une petite prière ?
Même si Pierre Cottinet, le très cher ancêtre, personnage central de ce livre, n'affectionnait pas particulièrement les églises, peut-être aurait-il apprécié le côté simple et naturel des temples japonais.




Regardez ! je ne vous ai pas menti ! Point de tristesse sur les visages à la lecture de cet ouvrage ! On lit, on découvre la belle iconographie, on cherche à comprendre et on rit ! Taeko, Akiko et Shigeru, qui ont accepté de poser pour la photo, ne s'y sont pas trompés.



Et voilà, je respire enfin l'ambiance de la médiathèque où je prendrai place très bientôt sur les étagères. J'espère d'ailleurs ne pas y rester pépère !

dimanche 3 février 2019

Paul Claudel, Naissance d'une vocation de Thérèse Mourlevat




J’ai eu la chance cette semaine de présenter ce livre de Thérèse Mourlevat à un public japonais. Comment cette universitaire, spécialiste de Paul Claudel, parvient à nous faire pénétrer dans l’intimité de ce grand monsieur relève du miracle.
Paul Claudel n’a jamais eu une réputation d’écrivain facile et l’étudiante que j’ai été se souvient très bien de ses textes difficiles d’accès, où personne ne comprenait rien, de ses pièces sans fin dont la durée faisait de chaque représentation un exploit tant pour les acteurs que pour les spectateurs !
Le diplomate non plus n’était pas très affable et c’est souvent un homme sans sourire que nous montrent ses photos qui semblent officielles même lorsqu’elles ne le sont pas.
Et puis le public a été gêné par les rumeurs qui ont entouré la fin de la vie de sa sœur Camille, dont le talent est enfin reconnu aujourd’hui au point de lire dans une célèbre encyclopédie en ligne «  Paul Claudel : membre de l’Académie Française, il est le frère de Camille Claudel » comme si cette seule mention suffisait à résumer l’homme et l’artiste. Ironie du sort pour celui qui est sans doute à l’origine de l’internement psychiatrique de Camille et qui ne voulait pas que l’on sache que l’homme respectable qu’il était devenu avait une sœur folle.


Dans La naissance d’une vocation, par la simplicité et la sincérité de son écriture, Thérèse nous emmène bien loin de ce monde d’apparences souvent protocolaires, pour nous conduire vers l’intime. Nous pénétrons avec elle dans la maison, ou plutôt les maisons de la famille Claudel et découvrons la naissance et l’épanouissement de celui que sa sœur Camille appelait si tendrement « mon petit Paul ». Car c’est bien de tendresse dont il est question. Tendresse d’un grand-père, tendresse de la gentille bonne Victoire, tendresse d’une enfance fraternelle en province qui va forger l’homme et l’écrivain en l’absence d’amour d’une mère froide et distante. Belle façon, madame, de nous réconcilier avec celui que nos amis japonais ont surnommé l'ambassadeur-poète.

Merci à Thérèse pour son talent
Merci à Véronique pour cette recommandation

jeudi 18 octobre 2018

Les chemins de l'essentiel de Jacques ATTALI



"Faire de sa vie un roman, il n'y a que ça de bon" disait Tolstoï dans Katia. 
C'est par ces mots que commence le livre de Jacques Attali.

Le titre de ce livre paraît à la fois énigmatique et prétentieux.
On connaît tous les listes de courses, les listes de devoirs, les listes d'appels ! Mais la liste de l'essentiel ??? 
Pour qui se prend-il ? ont dit certains bloggers ignares qui n'ont même pas lu ce livre !

Une vie joyeuse, heureuse, joyeuse, bonne, épanouie ne l'est vraiment que si l'on a la chance de rencontrer aussi souvent que possible les plus grands chefs-d'oeuvre de la création humaine. La fréquentation régulière des livres, films et autres oeuvres d'art est un excellent moyen de rencontrer les autres et le monde, un excellent moyen aussi de se découvrir et d'accéder à une nouvelle dimension du bonheur et de la réussite.
Tel est le message de l'auteur qui se donne pour défi personnel de dresser la liste des oeuvres qu'il juge essentielles et de nous la faire partager.
Loin de lui l'idée de nous l'imposer. C'est là que le livre suscite une réflexion intéressante. Il ne s'agit pas en effet de simplement lire une liste, mais de réfléchir à ce qui dans cette liste correspond à notre propre expérience, à nos envies. Il s'agit de chercher et de comprendre ce qui pour nous est essentiel.

Dans le monde actuel les offres culturelles sont de plus en plus abondantes et accessibles. L'essentiel est donc à portée de main mais paradoxalement, les grandes oeuvres qui appartiennent à l'histoire de l'humanité sont de moins en moins fréquentées par les jeunes générations.
La dictature de la nouveauté, de l'instantané et du présent immédiat a frappé ! 
Cette mode du toujours plus, toujours plus vite nous emporte loin de l'essentiel justement. L'auteur émet le souhait que les oeuvres universelles essentielles soient accessibles à tous.

" Je rêve d'un monde où cet essentiel serait proposé à tous, en toute liberté.
Je rêve d'un monde où l'éducation ne se réduira pas à la recherche frénétique de la bonne insertion professionnelle. Un monde où chacun  apprendra en parcourant les chemins de l'essentiel à trouver l'essentiel de son propre destin."

La passion, la curiosité, l'envie ... voilà les meilleurs moteurs pour accéder à la culture. Jacques Attali ne formule aucun diktat, au contraire, il souhaite que chacun puisse laisser libre court à sa capacité d'admiration. Pour cela, la famille et l'école, sont fondamentales pour permettre cette ouverture d'esprit.

Moi j'ai aimé ce petit moment de lecture qui en ouvre beaucoup d'autres...
Et maintenant Lisez, écoutez, regarder, dessinez, jouez, écrivez, riez, pleurez, aimez, vivez !

mercredi 29 août 2018

Puisque tout passe de Claire Chazal



Passons, passons, puisque tout passe … écrivait Guillaume Apollinaire en son temps. C’est ce vers du poète qui a inspiré Claire Chazal pour le titre de son dernier livre, un livre simple, intime, qui raconte son parcours de femme. Claire Chazal est une femme connue en France, une femme publique car elle a été pendant très longtemps la présentatrice vedette du journal de 20H sur une grande chaîne de télévision, véritable institution médiatique française. Mais qu’a-t-elle fait de cette célébrité ? ou plutôt qu’est-ce que la célébrité a fait d’elle ? Quelle femme est-elle devenue ou quelle femme est-elle restée ? Voici les questions personnelles qu’elle se pose quelques mois après avoir quitté l’antenne, alors qu’elle vient d’avoir 60 ans.
Dans cet ouvrage, elle nous livre ses doutes, ses peurs, ses succès comme ses échecs … ceux dont elle se souvient et qui ont marqué sa vie. Cette autobiographie totalement assumée, franche et sincère, ne se veut ni exhaustive ni chronologique. C’est plutôt une succession de souvenirs, gais ou tristes, souvent tristes d’ailleurs. Mais chaque fragment de vie raconté est aussi une occasion d’échange humain, tendre et culturel. De ce livre se dégage en effet une étonnante richesse liée au parcours exceptionnel de cette femme éprise de liberté, mais aussi une certaine mélancolie, portée par une écriture délicate et stylée, qui fait que l’on est sous le charme !

« Mais toi, tu es tellement entourée ! Tout le monde t’aime ! » Voilà ce que j’ai toujours entendu depuis que, de simple journaliste aimant passionnément son métier, je suis devenue personnage public.
« Tout le monde, c’est personne… », ai-je envie de répondre.

dimanche 10 juin 2018

Un Personnage de roman de Philippe Besson






Connaître, découvrir, comprendre… c’est toujours passionnant ! Et ça l’est encore plus quand il s’agit de mieux connaître le profil de nos dirigeants, de nos dirigeantes, de nos chefs d’état. Qui nous gouverne ? Pourquoi lui ? Qui est-il vraiment ? Ces questions, les Français les ont posées et se les posent encore au sujet de leur président : Emmanuel Macron. Philippe Besson en a fait un roman.
Pendant un an il a suivi le couple Macron et essayé de comprendre leur fonctionnement, leur complicité mais surtout le projet et le profil d’Emmanuel. Un homme, un sigle EM, un nouveau parti politique, une ambition, un succès… Emmanuel Macron, c’est tout ça à la fois, avec une bonne dose de philosophie en plus. Pas à pas, Philippe Besson, écrivain et journaliste, nous dévoile la stratégie et les réflexions de cet homme hors norme qui a réussi à accéder à la présidence de la République Française en un peu plus d’un an. Tout d’abord, l’auteur avoue ses doutes : « Je me répète que sa solitude le condamne. Je n’ai pas compris qu’il tient à en faire un atout. Qu’elle sera même son viatique, cette insolente solitude. Une provision pour le voyage. » Puis, l’écrivain explique, décortique le phénomène : «  On voit ce qui peut intriguer : l’amour du lycéen pour son professeur, de l’adolescent pour une femme de 24 ans son aînée, cette incongruité, la folle promesse faite dans l’âge le plus ardent, et tenue. Et, à la fin, cette famille qui ne ressemble à aucune autre. » Enfin, l’auteur se laisse séduire par ce phénomène politique … par cet homme aux allures de héros balzacien ou hugolien… par ce personnage de roman. «  Tu sais ce que tu vas écrire ? » demande Emmanuel. L’auteur répond : « Un roman d’aventures… Au moins le roman d’une aventure. »

mercredi 23 mai 2018

La Chambre des époux d' Eric Reinhardt




CANCER, le mot sonne comme une fin et c’est pourtant le premier mot du roman La Chambre des époux. « Quoi de plus banal qu’un cancer du sein ? » Eric Reinhardt répétant cette phrase souvent entendue, explique en fait l’effondrement de sa vie et de son couple à l’annonce de l’odieuse maladie.
Mais l’écrivain, l’homme, le mari ne veut pas croire à la fatalité et veut se battre pour sa femme, pour toutes les femmes, pour la vie…
Alors, il écrit. Il écrit pour faire plaisir à sa femme qui lui demande de travailler et de se battre en même temps qu’elle… Lui pour finir un roman, elle pour rester en vie et vaincre la maladie. Il écrit pour rendre hommage à la beauté et à la force de toutes les femmes malades.
C’est donc une histoire de couple, une histoire d’amour qui mélange réalité et fiction et parle de l’amour mais aussi de l’adultère, du rêve et de l’inspiration.
Ce roman est un roman étrange, un roman qui dérange, à la fois tendre et cruel, à la fois stylé et très cru.
Le lecteur est happé dans un tourbillon qui l’emporte dans les entrailles de la maladie, de l’amour, de la mort et de l’écriture.
En effet, qui est l’héroïne : Margot ? Mathilde ? Marie ?
Cette mise en abyme littéraire est une belle réflexion sur la vie.

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Son cancer lui a été annoncé, à la suite d’une mammographie en décembre 2006. Comme cette tumeur n’avait pas été détectée six mois plus tôt par le même examen, les médecins ont émis l’hypothèse d’un cancer à évolution rapide. Le délai nécessaire à l’analyse de la ponction a été ce que j’ai vécu de plus douloureux de toute mon existence.

Pendant ces quelques jours, pour échapper à l’angoisse de l’attente, j’allais me réfugier dans mon bureau, où j’écrivais les pages de Cendrillon consacrées à Margot. Le hasard avait voulu que j’en sois là de mon roman quand elle m’avait téléphoné pour m’annoncer qu’elle était malade. Ces mots d’amour qui sortaient du clavier comme des larmes… Ces pages de Cendrillon sont pour moi comme le sortilège qu’éperdu j’ai lancé avec rage au visage du cancer.


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A mes yeux, Marie était la seule personne autour de la table à être en vie. Les autres ne l’étaient pas, les autres étaient tous morts, et ils étaient tous morts de n’avoir pas frôlé la mort, et de n’être pas revenus à la vie, et de n’avoir jamais compris de l’intérieur ce que cela signifiait d’être en vie. Etre revenue à la vie avait fait que Marie était vraiment en vie, vraiment vivante. Non pas seulement en vie mais vivante, c’est-à-dire en vie dans la vie, et pas morte dans sa vie, et pas assoupie dans sa vie, comme le sont en réalité la plupart des gens et ce soir-là, lors de ce dîner, c’était flagrant.

Bonne lecture !